Ce qui me manque, c'est de n'avoir pas froid aux yeux.
Hier, une amie nous hurle à l'aide. La semaine dernière, elle a rencontré un mec dans un bar, 55 - 60 ans, soit-disant photographe, qui lui proposait une séance photo... Bon, l'amie en question, c'est pas n'importe qui : tête sur les épaules comme pas possible, philosophe kantienne à donf, féministe à ses heures, et lesbienne occasionnelle. Bref, elle dit oui. Et là, déjà, je bloque. L'homme en question doit avoir un sacré pouvoir de persuasion parce que je vois mal la demoiselle en question poser comme ça, pour rien, devant un vieux libidineux (parce que forcément, c'est comme ça que je l'imagine). Bref, elle dit oui. Et bref, quelques heures avant le rendez-vous pour la séance, elle commence à stresser. Nous la retrouvons donc rue de Rennes et l'attendons à une terrasse de café en bas de l'appartement du pseudo-artiste dont nous avons noté consciencieusement le numéro de téléphone, l'adresse et le signalement. Il trouvera à qui il a affaire s'il ose quoique ce soit : deux crevettes aux bras aussi épais qu'un lapin de trois semaine. Bon, elle revient vivante et nous, soulagés de n'avoir pas eu à démontrer notre capacité à impressionner. A priori, le fameux monsieur habite un super loft, est marié (mais prend le soin d'enlever son alliance) et se pique de concepts artistiques.
Tout ça pour dire qu'il suffit finalement d'oser. Oser demander à une jouvencelle de 28 ans, au caractère bien trempé : ça te dit de venir à une séance photo chez moi alors que je ne connais même pas ton prénom.
Je vais peut être essayer tiens.
Et sinon, hier soir, double vélouse. Décidément.